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À Propos 

146 boulevard Haussmann

Livre Maurice Soustiel

 

De quoi parle ton livre ?

146 boulevard Hausmann est l’histoire de ma famille pendant l’occupation. Joseph Soustiel, mon père,  juif de Salonique, émigre en France après l’éclatement de l’Empire ottoman en 1920. Il excelle dans le négoce des objets d’art d’Orient. Son travail et son expertise reconnue lui permettent d’installer son magasin d’antiquités au 146 boulevard Haussmann. La guerre le surprend, lui l’apatride, avec Irène, sa jeune épouse française qui accouche de leur second enfant (le premier n’a que 2 ans) la semaine de la déclaration de guerre à l’Allemagne. Leur avenir paraît bien sombre. Au 5ème étage du même immeuble, un Italien prospère dans la commercialisation de produits industriels et alimentaires. Il se nomme Emanuele Brunatto, il est proche d’une personnalité universellement connue dans le monde catholique, le Padre Pio, le fameux moine capucin aux stigmates, le futur Saint Pio de Pietrelcina. Le 10 juin 1940, l’Italie fasciste déclare la guerre à la France. Emanuele Brunatto n’aura d’autre choix que de commercer avec l’occupant allemand. Sous la menace des lois de Vichy, mon père vient de se voir imposer un « administrateur aryen ». Quelques jours plus tard, l’Italien du 5ème étage pousse la porte du magasin d’antiquités… la suite est imprévisible, on y croise au milieu des horreurs un homme courageux, un Juste.

En quoi l’hypnose t’a aidé à écrire ce livre ? en quoi l’hypnose sert-elle l’écriture ?

 

L’hypnose n’a pas besoin de l’écriture mais l’écriture a besoin de l’hypnose. Ecrire c’est dire ce qui se refuse à être dit. Pour moi qui suis né après la guerre, écrire l’histoire de ma famille rescapée donc cachée, est devenu une nécessité qui n’est pas une transmission familiale d’un vécu qui n’est pas le mien mais la transmission d’un traumatisme familial qui est bien le mien. Cette histoire n’est pas celle d’un autre mais la mienne. Léon Chertok écrit que « se cacher pendant la guerre c’est déjà résister », donc survivre à la Shoah n’est pas une honte ! Le même Chertok a écrit que l’hypnose est une forme de résistance dans le monde médical fort de ses certitudes... Alors oui l’hypnose m’a aidé à écrire ce livre et m’a guéri de mes peurs.

Quelle peur ?

Chacune des séances en d’hypnose en tant que soignant me ramènent à ce traumatisme. Le prénom, le nom, l’identité,  le parcours et nous sommes déjà dans l’abandon et l’exil, la séparation et la dissimulation. L’hypnose nous offre cette capacité à endosser tant d’identités, à tout accepter pour ne pas renoncer. Aucune consultation médicale « classique » ne propose ce champ du possible en dehors de l’hypnose. Ecrire ce livre c’est traduire, à ma façon, la somme de toutes mes séances. Jamais je n’aurai pu imaginer que l’enseignement de François Roustang ou la lecture de Boris Cyrulnik allaient me faire autant de bien pour me rendre disponible aux autres. Enfin guéri de mes peurs il me semblait naturel d’écrire ce processus à travers le vécu de mes parents.

Est-ce que l’hypnose t’a aidé au niveau des émotions, à mieux comprendre la complexité des choix dans ces temps tellement troublés ?

L’hypnose telle que je la pratique, en une séance unique (et j’essaye de m’y tenir)  nécessite de prendre tout en compte. Tout c’est-à-dire toute l’actualité de l’instant, pas la présence dont le mot me dérange comme un truisme, mais le présent, l’instant présent c’est aujourd’hui que cela se passe, pas demain, non aujourd’hui, dans l’actualité du jour, tel jour jour, telle date, telle heure. Prendre tout en compte tout en laissant la surprise du corps qui avance vers son destin. Comme dans les églises où les stations du chemin de croix sont autant de haltes vers une progression.  Pour pouvoir progresser il faut d'abord savoir s’arrêter !  Et c’est aujourd’hui qu’on arrête : de fumer, de boire, d’avoir peur, de parier, de ruminer cette histoire impossible etc… comme le dit Charcot « se résoudre à tout quitter ». Ce point de bascule qui fait qu’on entre physiquement dans le magasin d’antiquité de mon père ou que l’on se convertit au Christianisme ou à l’Islam. Il suffit d’un geste…

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